Introduction

Devant les attaques successives contre la licence Creative Commons nc nd1, laquelle souffrirait, selon certaines critiques, de n'être pas conforme à la notion de ce que devrait être une licence libre, il me semble utile d'apporter quelques précisions.

Les quelques études sur le sujet montrent que les utilisateurs des licences Creative Commons choisissent très majoritairement d'adopter les clauses restrictives nc nd. Paradoxalement, la plupart des discussions vis-à-vis de ces clauses sont menées par des interlocuteurs adeptes d'autres licences (telle la licence Art Libre) ou d'autres clauses (par exemple sa pour «share alike»). On lit très rarement des apologies en faveur des clauses nc nd malgré leur succès auprès des créateurs.

Comment expliquer ce relatif silence des artistes concernés ? Serait-ce que les questions juridiques ne les intéressent pas ? Qu'ils cherchent avant tout dans ces licences une manière pratique de diffuser leur musique, motivés par des raisons pragmatiques plus que philosophiques ?

Je pense que ces hypothèses sont non seulement beaucoup trop simplistes, mais aussi assez injurieuses à l'égard de ceux qui choisissent les clauses nc nd. Je vais essayer ici d'apporter des justifications plus nuancées, sur la base d'arguments tirés de ce que me semble être la réalité du monde (ou des mondes) de la musique2.

dana hilliot 2005-09-04