Musiques en marge
Préambule
Le 20ème siècle aura marqué la vulgarisation inévitable de nombreuses formes artistiques, en raison essentiellement des progrès techniques dans la diffusion et la matérialisation d’une oeuvre. Ainsi a-t-on assisté au transfert accéléré de la musique au sens « brut » (jouée et perpétuée en auto-suffisance) à la musique dite « produite » (qui fait l’objet d’une commercialisation, d’une diffusion par le biais d’un média).
Aujourd’hui, dans un pays développé, la plupart des gens disposent d’ une culture et un inconscient musical façonné et presque totalement influencé par la musique « produite » : nous écoutons la radio, téléchargeons des fichier Mp3′s, achetons des disques, et avons souvent écouté ceux de nos parents dès notre plus jeune âge. Du coup, il devient impossible d’avoir un recul neutre sur ses propres gôuts musicaux, ils n’ont plus rien de naturel ou d’instinctif, étant conditionnés par un univers sonore lui-même fabriqué et pensé.
Cela est d’ailleurs vrai pour n’importe quelle musique commercialisée, de celle qui s’impose comme une oeuvre majeure avec le temps (The Beatles, Miles Davis, Bob Marley, etc) à celle écrite pour sponsoriser une marque de soda. Par exemple, une chanson pop est une pure invention de la musique « produite », elle ne se contente pas de remplacer la chanson populaire traditionelle, elle répond aussi à un contexte technologique : la possibilité d’être transmise à un nombre très large (voire à presque tout le monde aujourd’hui par internet). Cela change forcément la manière d’appréhender un style musical, pour un auditeur, comme pour un auteur, ou un critique, ou un musicologue.
Evidemment, l’époque de Beethoven ou de Mozart, témoignait déjà d’une forme artistique « travaillée » (mais non-produite, au sens strict du terme), destinée à la diffusion (en concert), ou même à la reproduction (par le biais d’une partition), et les compositeurs s’influencaient inévitablement entre eux. Mais il restait encore de nombreux types de musique « brute », perpétués par transmission orale, mémoire auditive, et répondant d’abord à un contexte historique, social, matériel, etc., avant d’être éventuellement influencés par des oeuvres musicales « extérieures », pensées comme telles. Il est probable que le terme d’ »oeuvre » ne préoccupait guère les esclaves noirs chantant le blues dans les plantations de coton, ni les musiciens hindoux en transe, comme il n’a jamais préoccupé le moineau gazouillant sur l’arbre (une autre forme de musique brute après tout…).
Aujourd’hui, l’accès aisé aux nombreux médias rend quasi impossible la perpétuation d’une musique brute, ni sa restitution naturelle. Il ne s’agit d’ailleurs pas de fantasmer sur l’idée d’une musique « pure », émanant d’un musicien qui n’aurait jamais entendu que le son de sa propre voix. L’expérience pourrait être passionante certes, mais plutôt que d’enfermer dès sa naissance un humain dans un laboratoire, coupé de tout ; intéressons-nous à ceux qui, à défaut d’être exempt d’influences, joue une musique avec un minimum de savoir et sans aucune conceptualisation de leur démarche, en laissant agir l’instinct et l’instant.
Ceci n’est bien sûr pas une remise en cause passéiste et régressive de l’évolution de la musique, ni de sa transmission. Nous adorons la pop, les musiques de l’ére multimédia, autant que nous en détestons les incontournables défauts (mercantilisme, bêtise, artificialité…), hélas omniprésents désormais. Mais cette fois, nous voulons prêter l’oreille à l’inachévé, l’approximatif (techniquement, pas émotionellement), au débutant, non au confirmé, à l’improvisation plutôt que la perfection…
Les 3 disques qui constituent cette collection ne se définissent pas en tant qu’oeuvres musicales. Les recevoir en tant que tel, c’est prendre le risque de les juger sur des critères ignorés de leur auteurs au moment d’enregistrer. Appelez ça comme vous voudrez : démos, brouillons, morceaux expérimentaux, cela reste une forme d’art, peu importe le terme. Musique brute ? Dans l’absolu, il n’y a jamais vraiment eu de musique « brute », mais l’esprit de ces albums tente de s’en rapprocher. A vous d’en juger…
Jullian Angel
Les musiques de ‘li, Delphine Dora et Sandra sont désormais en ligne sur les sites que nous leur avons consacrés.
Vous pourrez découvrir l’univers de chacune à travers des images, des textes, des photographies, des dessins, des liens, et évidemment de la musique – entièrement téléchargeable sous licence Creative Commons.
SANDRA By the way. The ordinary things
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1. Track 1
2. Track 2
3. Track 3
4. Track 4
5. Track 5
6. Track 6
7. Track 7
8. Track 8
9. Track 9
10. Track 10
11. Track 11
DELPHINE DORA Floating Existence

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1. Polyepoupy
2. Indesea
3. Iknowsurprise
4. Ainosat
5. Isuicide
6. Atsouilakindosa
7. Onethwothri
8. Ladiyaochoupala
9. Seeakiilaaa
10. Tchoutchou
11. Sushishao
12. Iaaa
13. Pistakola
14. Secret garden
15. Roatchou
16. Torltorlo
17. I can’t see yes
18. Paliapampa
19. Tialapattu
20. Alaya
‘LI s/t

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9. Track 9
10. Track 10
‘li est également la chanteuse de Gina Artworth. Vous pouvez écoutez l’intégralité de l’album dans la page des Sorties CD







