Songs to the sirens


December 8, 2006

DOLORES

Filed under: jullian — jullian @ 11:02 pm

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J’imagine des paysages industriels. Une étendue de bâtiments d’apparences désertes, intacts mais abandonnés. C’est une architecture un peu futuriste, mais relativement proche d’autres décors contemporains.
Et cette terre grisâtre affiche son indifférence, sa neutralité apparente ; mais entre deux soudures usées, elle saigne les douleurs d’êtres de chair et de sang, elle transpire leurs mémoires câbossées. Déjà oubliés, noyés sous une couche d’éternel… Evanouies leurs histoires, ces vies simples, menées tortueusement, sans le confort de la tranquilité d’esprit. Désarroi urbain, spleen post-industriel… Troubles pre-apocalyptique.

Je me figure les vestiges de cette civilisation. Les hommes ont disparu, mais le paysage demeure pratiquement intact. Et des échos reviennent, résonnent d’une paroi d’acier contre une autre, se reforment, tourbillonnent jusqu’à restituer les sons, le bruit des machines, la froideur du lieu, autant que son caractère parfois hospitalier.

Des bruits éparpillés. L’urgence d’un souffle de clavier, d’une guitare décharnée qui jette ses arpèges comme on vide ses poches, ses dernières cartouches, avant de passer au contrôle des âmes… La voix se précise, revient à la surface. Un phrasé trainant, une tonalité sèche, des mots qui s’excusent presque de sortir si crûment, si sincères…

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J’entends maintenant distinctement des morceaux entiers, des Brand new ridicule, Obscene, Three extracted teeth, qui crachent ce blues moderne, déguisé en habits de Cold-wave lancinante. Je les perçois… fascinants, intriguants, étonnammant libérés, hors d’âge et d’influences patentes…

J’ai rêvé le paysage, l’époque, mais pas la musique… Le groupe existe. Avant la fin des temps, il oeuvrait sous ce nom : Dolores.

Dolores on my space